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Actualités 12-05-2010
Médicaments génériques : faut-il se méfier des excipients ? "Vous ne pourriez pas me donner le vrai médicament ?" Cette phrase-là, Boris, 33 ans, pharmacien à Paris, l’entend souvent : "Environ un tiers de mes clients pensent que les génériques sont des sous-médicaments ou une version light. Même quand je leur explique que ce n’est pas le cas, la méfiance demeure", déplore-t-il en appelant les pouvoirs publics à lancer une campagne de sensibilisation. En ligne de mire : les différences de composition du générique par rapport au médicament original, dit princeps. "Un générique apparaît quand le principe actif du princeps n’est plus protégé par un brevet", explique Catherine Bourrienne-Bautista, déléguée générale du Gemme (Générique Même Médicament), une association qui regroupe les douze principaux laboratoires français de génériques. D’autres laboratoires peuvent alors commercialiser leur version du médicament, sous réserve de satisfaire aux exigences des autorités de santé. "Le générique est moins cher car il n’y a pas besoin d’amortir le coût de recherche et développement, déjà mené pour le princeps." Efficacité conservée Néanmoins, le droit de la propriété intellectuelle protège toujours le produit fini. "C'est pourquoi les génériques doivent avoir, autour du même principe actif, une composition différente", souligne Mme Bourrienne-Bautista. Cette transformation est strictement encadrée : "La loi impose des études de bioéquivalence, pour s’assurer que le principe actif du générique a une diffusion dans l'organisme, une efficacité et une tolérance similaires à celles du princeps." La plupart des "génériqueurs" doivent donc modifier l’enrobage. Il s’agit des excipients : "Ce sont des molécules inactives sur le plan pharmacologique, qui déterminent la forme, la couleur, le goût du médicament", explique Boris. Ces excipients sont-ils sans danger ? "Absolument", répond-il. "On en utilise d’ailleurs de semblables dans les princeps !" Similaires mais pas identiques Modifier les excipients peut pourtant avoir des effets, d’abord sur la forme galénique d’un médicament, c'est-à-dire sur sa présentation sous forme de comprimés, de gélules, de poudres, de suppositoires, etc. Cela peut altérer son confort d’utilisation : un comprimé sécable difficile à couper, un effervescent long à se dissoudre, un goût plus prononcé que celui du princeps… Mais, "la différence est si faible qu’elle n’est pas mesurable", commente Boris. Une différence d’excipients peut aussi faire varier certains paramètres de diffusion du principe actif dans l’organisme. C’est pour cela que la loi parle de produits similaires et non identiques : on tolère 15% de différences entre les paramètres du générique et ceux du princeps. Si cette différence n'a pas de conséquences médicales, elle doit être prise en compte pour les médicaments dont le dosage est extrêmement sensible. C'est par exemple le cas de certains traitements cardiaques, pour lesquels la frontière est ténue entre efficacité et toxicité. Autre bémol : une mauvaise tolérance ou des allergies. "Il est possible qu’on soit allergique à une substance présente dans un générique mais absente de son princeps", admet Catherine Bourrienne-Bautista. "Néanmoins, le générique étant plus récent que le princeps, il profite des avancées technologiques et contient donc, souvent, moins d’excipients." Les consommateurs allergiques à certaines substances, notamment au lactose, peuvent s’adresser à leur pharmacien ou vérifier la liste des excipients utilisés sur la notice du médicament. A quoi reconnaît-on un médicament générique ? Quand une molécule thérapeutique obtient un brevet, on lui attribue une dénomination commune internationale (DCI), comme "ibuprofène" ou "oméprazole". Elle lui permet d’être facilement identifiée dans tous les pays. Le laboratoire détenteur de ce brevet peut donner un nom de marque à son médicament, la DCI étant indiquée en dessous.
Une fois le brevet de la molécule tombé dans le domaine public, d’autres laboratoires peuvent la commercialiser mais sous un nom de marque différent. On utilise soit la DCI suivie du nom du fabricant, soit un autre nom commercial, suivi de la mention Gé (pour générique). Pour éviter les risques de confusion, la formule du produit est toujours indiquée sur la boite. Vous êtes adhérent : pour mieux comprendre votre traitement, appelez le 39 35 !Votre médecin vous a renouvelé votre ordonnance, mais vous ne retrouvez pas le nom du médicament que vous prenez depuis longtemps. Votre pharmacien vous a parlé d'un générique pour remplacer votre traitement habituel, mais vous ne l'avez pas interrogé sur cette substitution.
N'hésitez pas à vous renseigner auprès de Priorité santé mutualiste, un service gratuit des mutuelles pour leurs adhérents. Ce service est accessible aux 39 35 pour le prix d'un appel local, du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures en précisant votre code d’accès Eovi mutuelles présence (vous le trouvez sur votre carte de mutuelle et sur votre espace réservé Internet). Pour en savoir plus, sur Priorité santé mutualiste. |
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